27/08/2008 - Pourquoi je voulais ab-so-lu-ment aller en Irlande
J'ai "entraperçu" l'Irlande en cette prof lorsqu'elle me soutenait et me réconfortait l'année du Bac.
Je l'ai revue il y a 3 ans.J'ai regardé furtivement et de manière
oblique par la porte entrouverte de la salle de classe pour m'assurer
qu'il s'agissait bien d'elle car cette opportunité me semblait
trop belle pour être réelle. Elle n'avait pas changé; toujours ces deux
saphirs pour regard et cette expression mutine sur son visage, ces
cheveux ondulés mi-longs dont une mèche vient toujours se placer devant
son visage tandis que l'autre reste en retrait vers l'oreille. Une petite fée gracieuse et pleine de vie, une flamme indigo qui s'ignore.Qu'importe, je suis venue lui remettre Les Révélations en mains propres aujourd'hui. Celles que constituent les poèmes dont Lynne a déjà fait l'éloge.Je
sais que même si son mental ne croit rien de ces lignes imprimées bleu
sur blanc, son esprit percevra la lumière que celles ci révèlent.Son
visage dansait devant mes yeux, vision divine, alors que je revenais
vers ma faculté. Les carrés de verdure étaient des plaines d'Irlande.
Ma voix chantonnait des mélodies d'Eire. Sagesse, peine et beauté
mêlées. Françoise est l'Irlande, son âme porte l'aile verte de l'Ile
d'Emeraude. L'Irlande est la terre des adieux, mais aussi celle de la
mémoire éternelle.
|
|
commentaires (0) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
17/08/2008 - Eire
Où j'étais?
Là où je rêvais d'aller depuis des années. Eire. Je n'ai pas vu les vertes collines de l'Ile d'Emeraude et les monuments celtiques. Je suis restée à Dublin, ville avec ses charmes et ses inconvénients, notamment un trafic dense et une foule toujours pressée. Je me suis perdue cent fois, dans la rue, à la gare, même sur le chemin du retour, vers la maison de ma famille d'accueil. Pas habituée à me débrouiller seule. A lire un plan (enfin maintenant, si). A me déplacer seule dans une ville inconnue. Et à vivre...sans les câlins d'une femme. J'ai pleuré. Presque tous les jours. Me suis retenue d'aller demander une quelconque forme d'affection à mon "hôtesse" pendant environ une semaine. Je me souviens être restée agrippée à la rambarde en haut des escaliers, juste en face de sa chambre, les jambes flageolantes, hésitant à aller frapper à la porte de sa chambre. Non, non, NON. J'ai résiste ce soir là, ça m'a rendue malade, tant et si bien que j'ai chialé sur la moquette de ma chambre, chialé toutes les larmes de mon corps. Je me suis même mordue le bras pour essayer de calmer cette "crise d'affection". Et puis... Un soir, nous sommes allé au pub où ils organisaient un karaoké. J'ai chanté, mais j'étais tellement stressée que ma voix tremblait comme une chèvre prête à être abattue. J'ai bu aussi, je sais que je n'avais pas le droit à cause des médicaments. Mais je voulais "me lâcher", perdre cette allure de gamine timide et crispée. Tout ce que j'ai gagné, c'est une crise d'angoisse et je me suis retrouvée dans ses bras, le visage plaqué contre sa poitrine, écoutant sa respiration, tel le bruit des vagues. Je tenais sa main, la serrant plus fort de temps en temps, la caressant avec le pouce. Et la compassion électrisait mon corps, je ne pouvais plus me détacher de cette masse d'énergie vitale. Droguée. Droguée à ce "fluide". Personne ne peut me comprendre. Personne ne peut me croire. Nous sommes rentrés, Elle et moi derrière, bras dessus-bras dessous (je continuais de serrer sa main), j'étais malade, malade de savoir que bientôt il faudrait que je lui dise "la vérité", parce que je ne peux pas mentir sur mes sentiments, je ne PEUX PAS. Et puis elle voulait absolument savoir ce qui n'allait pas. "Tu as tué quelqu'un? Tu te drogues?". La discussion a eu lieu dans ma chambre. Que d'hésitations. Elle tenait ma main. Demain, après mes aveux, elle ne me laisserait plus la toucher. "- Voilà, il y a eu...16 femmes avant...ou 17, je ne sais plus. J'ai tellement besoin d'affection, de câlins...et je...je t'aime. - Est-ce que tu es gay? - ... - Tu veux être avec une autre femme? Il y a plein de gens dans ton cas, tu devrais joindre un groupe..." Elle avait l'air compréhensive. Je crois qu'elle pensait que mon "problème" était à moitié réglé. Le fait d'en parler, quoi... Mais le lendemain matin, je fondis en larmes devant elle. Elle me dit être agacée. Menaça d'appeler ma mère. Je tentai un câlin qu'elle repoussa. Elle ne voulait plus "m'avoir dans les pattes", me fuyait, ne voulait plus me parler ni même me regarder dans les yeux. Marre de la "geignarde". Alors celle-ci a décidé de rentrer, une semaine plus tôt que prévu. Et comme je partais on s'est réconciliées. Cadeaux, câlin d'adieu...il fallait que je parte pour me faire aimer - et surtout, être supportée - de nouveau. Je crois que tout ce que je veux vraiment, pour l'instant, c'est ne plus rien avoir à faire avec l'amour. Juste sauter d'un très haut immeuble, et ne plus causer de tort à personne.
|
|
commentaires (0) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
24/07/2008 - Apocalyptique
La nuit dernière, je rêvai de la fin du monde: Des centrales nucléaires qui explosaient, les mers et les rivières polluées mortellement; le plafond d'une école s'effondrant sur moi et d'autres personnes. Je créais, avec un certain plaisir pervers et un dégoût teinté de crainte, racontais à travers un mauvais esprit, et vivais tout en même temps, ce désastre. Ce matin, à la radio, j'entendis parler de l'Apocalypse...
|
|
commentaires (1) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
16/07/2008 - Tant qu'il y a de la vie...
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. J'espère. Qu'elles s'en sortiront. Même si je les vois s'amaigrir, déprimer, se droguer...derrière mon écran. Ecran qui ne me protège pas tellement, au final. Mais j'ai choisi de les "suivre". de les soutenir. Et pour cela je ne peux pas faire l'autruche. Je ne sais pas quel rôle je joue au juste: Voyeuse, plus que conseillère ou amie? D'autres petits paquets attendent, prêts à être postés. Et, c'est idiot, parfois, je me dis: "Vite, il faut que je les poste aujourd'hui, car demain peut-être il sera trop tard..." Je redoute l'idée qu'un jour il puisse ne plus y avoir de paquets à envoyer...ni d'autres à recevoir...Il y a une vie au bout de chaque colis, je veux qu'elle continue. 
|
|
commentaires (0) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
15/07/2008 - L'offrande

Je l'ai
caressé longtemps dans son écrin de velours avant de venir lui porter. J'ai
essayé d’ouvrir la petite boîte noire devant ses yeux, je me sentais un peu
idiote, ça faisait presque déclaration de mariage sauf que je n'étais pas à
genoux et qu'il ne s'agissait pas d'une bague; et j'avais l'air d'autant plus
idiote que je n'arrivais pas à l'ouvrir, parce que forçais du mauvais côté.
- Un
talisman? Mais je ne suis pas sûre de mériter...vous n'en avez pas plutôt
besoin, vous?
- Non,
j'ai déjà ce pentacle, dis-je en montrant du doigt le pendentif circulaire doré
sur ma poitrine.
Soudain
l'écrin s'est ouvert et le talisman en a jailli; je l'ai rattrapé en poussant
un petit cri. On aurait dit mon cœur, qui trop longtemps contenu, aurait bondi
hors de ma cage thoracique pour respirer une bouffée d'amour. Mouais la
métaphore est merdique. Enfin...c'est comme cela que ça s'est passé.
"Sorcellerie
celtique", lit-elle. Ah c'est intéressant, regardez, j'ai un bijou celte
là (elle me montre une broche ou quelque chose comme ça sur son chemisier).
- Vous
savez, vous n'êtes pas obligée de le porter, c'est juste un porte-bonheur (des
fois que son mari poserait des questions...)
- Oh si
je le porterai, j'adore les bijoux!
Oui
j'avais remarqué. Elle est très coquette. Toujours à se remaquiller entre deux
cours. Et pourtant elle n'est pas trop sophistiquée, pas superficielle. Elle a
juste ce petit côté BCBG qui contraste merveilleusement avec sa personnalité
franche, son langage parfois un peu cru lorsqu'elle s'exprime sur les
politiciens.
Elle est
imparfaite, mais elle m'émeut tellement...
Une
étreinte.
- Vous
allez tant me manquer.
- Oh,
allons, on se revoit à la rentrée, ce n'est pas si long.
Pas si
long, trois mois?
Et voilà
que je passe des nuits à la chercher en rêve, dans des facs inconnues. Et voilà que je lui écris des vers en anglais.
|
|
commentaires (0) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
16/06/2008 - Sujet libre devoir informatique
La mort dans Shakespeare  Quelle est des 3 oeuvres étudiées la plus morbide? Comment répondre à la problématique? En utilisant le logiciel AntConc: Recherche des occurrences des mots « blood » et ses composés (bloody), « Death, die », « kill » et « slay » (occir) Le corpus Hamlet McBeth Romeo & juliet Pour Blood, Bloody: Hamlet: apparaît 26 fois McBeth: apparaît 40 fois Romeo & Juliet: apparaît 25 fois Death, die et ses dérivés (dies, died) 57 fois dans Hamlet 35 fois dans McBeth 102 fois dans Romeo & Juliet Kill (kills, killed) et slay (slays, slain) 20 fois dans Hamlet 13 fois dans McBeth 40 fois dans Romeo & Juliet Réponse à la problématique Si
McBeth semble être la pièce la plus sanglante, c'est dans Roméo &
Juliette que la mort est la plus présente (on sait qu'il en est
question non seulement de manière effective -les personnages principaux
meurent- mais le terme est également récurrent dans la bouche des héros
donc il est normal que le mot apparaisse de nombreuses fois). Pour ce
qui est du meurtre (homicide ou meurtre sur sa propre personne), c'est
aussi Roméo & Juliette qui détient la palme de la morbidité. Note: 9,5/20
|
|
commentaires (0) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
12/06/2008 - Adolescence
Je me suis dit qu’il fallait passer à cette étape ; l’entrée dans l’adolescence. Semée de mauvais souvenirs. J’ai repoussé le moment fatidique de sa mise en écrits. J’étais laide ; enfin, on me le répétait tellement que j’en étais moi-même persuadée. « On » c’étaient surtout les garçons du collège. A cette période, il sont plus bêtes et méchants que jamais. «-Moi si on me demandait de choisir entre rouler une pelle à Ludivine ou à une grosse merde, j’hésiterais pas ; ce serait la grosse merde ! -C’est clair ! » Eclats de rires cyniques de ces jeunes branleurs arborant l'expression débile des pré-pubères. Mais comment en étais-je arrivée là ? A l’école primaire, je passais le plus clair de mon temps toute seule. Les enseignants avaient pratiquement fermé les yeux sur mon semi-mutisme (j’avais juste été appelée une ou deux fois par le pédo-psychiatre de l’école pour des tests, rien de grave), et tout ce passait à peu près bien pour moi. Mais au collège…le professeur principal convoqua un jour mes parents. Je devais les accompagner. « -Votre fille reste tout le temps toute seule. Ludivine, tu sais ce qui arrive quand on est toujours seul ? On devient comme Robinson Crusoë, on se met à parler aux nuages, aux arbres… » Et bien quoi, je n’en étais pas encore à ce point ! Néanmoins, il fut conclu que j’intègrerais un groupe de collégiennes le plus rapidement possible, sous peine d’être à nouveau convoquée avec mes parents. Convoquée ! J’avais l’impression d’être en faute. C’était presque comme si j’avais insulté un prof ou blessé un élève! Peu de temps après, je me retrouvais dans « le groupe des pouffiasses de bonne famille » et ma vie au collège devint un enfer. Elles critiquaient mes vêtements. Attention, mesdemoiselles ne portaient que des marques, Creeks, Levis, Doc Martens et compagnie ! Je fis des efforts pour être « dans le ton ». Mais bientôt on s’attaqua à mon physique ; c’étaient les premières poussées d’acné ; j’avais une dent de travers et un duvet brun qui fut rapidement qualifié de « moustache » avait poussé au dessus de ma lèvre supérieure. J’avais des cernes. Je portais des lunettes. J’étais laide ; cela me desespérait. Je nettoyais parfois rageusement mon visage 5 fois par jour au Biactol pour faire partir ces maudits boutons d’acné. Si les garçons étaient toujours direct dans leurs propos désobligeants (Eh, achète-toi une allure !) les filles, plus hypocrites, sauf en ce qui concernait mon habillement, cassaient du sucre derrière mon dos. Mon entrée au collège ne fut pas une catastrophe que sur le plan social ; ma distraction et mon manque de discipline me valurent de me retrouver perdue dans le nouveau système scolaire que je venais d’intégrer. Je ne savais pas recopier correctement un emploi du temps ; il fallait changer de salle à chaque heure de cours, c’était destabilisant. Malgré tout, scolairement parlant, je ne m’en sortis plutôt pas mal, ne redoublant aucune classe et brillant assez dans les matières littéraires. Je tombai pour la première fois amoureuse d’une prof, ma prof de musique. Mais je ne savais pas que ce sentiment troublant que je ressentais en sa présence était de l’amour. A l’époque je n’avais nulle envie de me jeter dans ses bras, j’osais à peine l’aborder. La voir, l’admirer, me suffisait. Le soir parfois j’avais de drôles de fantasmes dans lesquels elle me retrouvait battue par des collégiens et me transportait jusqu’à un lieu de soins. Je ne rencontrai de véritables amies qu’en quatrième. Je retrouvai la jeune Franco-Nippone que je jalousais pour son coup de crayon en primaire et me liai d’amitié avec une jeune fille maigre certes sympathique mais avec laquelle je n’avais en fait pas beaucoup de choses en commun. Mais bon, je n’allais pas faire ma difficile, j’avais enfin des amies, des vraies, qui me respectaient et même si je me faisais toujours insulter par les garçons de ma classe (ils restèrent quatre ans dans la même classe que moi !) et étais toujours aussi mal dans ma peau, je trouvais un peu de réconfort auprès d’elles. La première et moi étions d’abord cul-et-chemise. Tous les jeudis l’on rentrait à pied du collège, achetions un magazine pour ados genre OK Podium et nous rigolions en faisant les tests à deux balles ou en lisant les pathétiques romans-photos. L’on discutait, pas de mecs, comme la plupart des filles de notre âge, non, nous étions plus mûres, surtout elle malgré le fait qu’elle était de deux ans ma cadette. J’étais partiellement heureuse. Si j’avais été belle, j’aurais été comblée. Mais j’étais laide, enfin, je n’arrivais pas à me rendre assez belle à mes yeux et aux yeux de ces crétins de garçons, et même si je ne cherchais pas à leur plaire, leur opinion et leur attitude et me blessaient profondément. Je ne dessinais pas assez bien. Je ne chantais pas assez bien. Je voulais pourtant briller. Etre une star. J’avais affiché un poster géant de Céline Dion dans ma chambre et je me surpris un jour à lui dire : « - Un jour, je serai comme toi. »
|
|
commentaires (3) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
11/06/2008 - Archives - Mon coeur

Mon
psy avait raison (au moins sur un truc) le suicide, c'est un instant,
une pulsion. Un "malheureux moment" qu'on pourrait regretter, si on a
la possibilité de ressentir du regret ou tout autre sentiment post mortem.
J'avais très envie de grimper ces trois étages, je sentais mon corps
attiré par la pulsion de mort, mais ce qui me retenait c'était de me
dire que trois étages, c'est vraiment pas assez haut. Dans la religion
chrétienne le suicide est passible de damnation, mais ce qui est bien
vu, par contre, c'est le sacrifice. Peut-être alors devrais-je faire
don de mes organes? Même ce coeur, qui me semble la partie la plus
endommagée de moi-même est en parfaite santé, m'avait assuré un
cardiologue que j'avais dû consulter pour déterminer si je pouvais
prendre un certain médicament. J'avais passé une échographie (non, ce
n'est pas que pour les femmes enceintes) et j'avais vu ce truc qui me
rend complètement folle et hystérique lorsque je suis amoureuse
apparaître à l'écran. Il battait, paisiblement. "Pas d'anomalie". Ah oui? Faut être aveugle pour ne pas voir ce que cloche en lui!
|
|
commentaires (1) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
10/06/2008 - Perversion et empathie
J'ai commencé à aimer les drames très tôt. Vers douze ans je me délectais des témoignages poignants de la rubrique "courrier du coeur" des magazines de ma mère. Je lisais aussi ses livres de psychologie qui étalaient au grand jour des histoires pathétiques. Je devais être perverse...ou maso, car au fond, cela me touchait, m'émouvait, et sans m'en rendre compte je devenais plus sensible à chaque lecture. Dans la blogosphère, je suis partie à la recherche des blogs d'ados dépressives/suicidaires, et ceux-ci ne manquent guère. Ce voyeurisme devait se justifier et s'excuser par un sentiment qui se matérialisa en actes: l'empathie. D'abord je lis les malheurs des jeunes filles désespérées: Dépression, anorexie, boulimie, automutilation...puis j'agis, enfin façon de parler; je laissai des mots d'encouragement et de soutien. J'envoyai même des lettres et des petits colis à mes tristes blogueuses préférées. Moi qui ne m'intéressais tout d'abord qu'au pathos, à l'instar d'une reporter perverse (pléonasme?), je m'attachai finalement à mes malheureuses; Et plutôt que d'attendre le récit d'un nouvel épisode tragique de leur existence, me mis à souhaiter qu'elles aillent mieux, quitte à être privée de ma "dose de lecture poignante". Pardonnez mon esprit de s'être "repu" de votre douleur. Je ne souhaite à présent lire que de bonnes nouvelles à votre sujet.
 
|
|
commentaires (1) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
10/06/2008 - Scout plus jamais
C’était l’été. J’avais accepté de suivre une amie scout dans une sorte de pèlerinage au milieu de nulle part, dans la cambrousse, pour ne pas rester seule pendant ces longues vacances qui allaient me séparer de ma prof d’anglais fétiche. Je me disais que me forcer à m'intégrer à un groupe de jeunes de mon âge m’aiderait à faire le deuil de cette relation fusionnelle qui m’avait permis de tenir jusqu’à la fin de la terminale et d’obtenir mon bac, sans même aller au rattrapage. Oui j’allais faire cet effort. Les restes de la semi-anorexie et l’asthénie dûe à mon état dépressif ne me permirent pas d’accomplir plus d’une journée de marche en trainant mon gros sac à roulettes jusqu’à ce qu’il soit percé et en ressassant ma mélancolie entre deux Notre-Père, prière obligatoire à chaque pause. Et encore, une des accompagnatrices eût la gentillesse de prendre la poignée de mon sac et de le faire rouler à son tour sur les chemins caillouteux en me voyant peiner. Mais ce n’était pas cela qui pesait le plus lourd. J’avais laissé derrière moi ma plus belle raison de vivre. Tous ces gens présents autour de moi semblaient irréels, ainsi que le décor. Je ne m’étais jamais sentie aussi mal à l’aise. Et, comble du paradoxe, je ne me sentis jamais aussi loin de Dieu qu’au milieu de cette communauté religieuse et de toutes ses oraisons. Le jour où j’arrivai à l’abbaye, lieu où devaient se regrouper tous les pèlerins, je téléphonai à mes parents pour les implorer de venir me chercher. "- ça ne dure qu’une semaine, tu ne veux pas faire un effort et aller jusqu’au bout cette fois ?" Je m’inclinai, désespérée. Je priai de tout mon cœur devant une icône du Christ, mais je ne ressentis pas sa présence ; que du vide. L’abandon total. Les jeunes autour de moi étaient sympathiques, mais même si je communiquais avec certains d’entre eux c’était comme s’ils n’étaient que des êtres virtuels. Mes mots n’avaient pas de sens, pas plus que les leurs. J’avais déjà vécu ce genre de sensation désagréable auparavant mais ça n’avait jamais duré plus d’une journée. Cela dura une semaine entière. Sans doute la plus longue de ma courte existence. Une fois j’eus envie d’avaler tous mes antidépresseurs et de commettre un sacrilège en ce lieu maudit. Même la nourriture, les bonbons le soir de la fête avant la fin du séjour (à laquelle je n'ai pas participé, je suis allée me coucher dans une chambre où hélas, je ne pus même pas trouver la paix du sommeil car je la partageais avec une fille qui venait de se faire plaquer et racontait ses déboires amoureux à une amie) avaient perdu toute saveur. C'était comme si...comment dire...rien n'avait de consistance, d'essence, de réalité. C'était flippant. Depuis cette mésaventure, ce genre de délire quasi schizophrène me prend parfois sans prévenir...en pleine fac. Parfois en plein cours. Et cela me terrifie.
|
|
commentaires (1) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
10/06/2008 - Fausse TS
A une époque je me suis stupidement, bêtement, idiotement (et tous les adverbes que vous voudrez) enorgueillie d'une TS, Tentative de Suicide pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître le monde et le vocabulaire des dépressifs chroniques. Parlons-en de ma "TS": D'abord, je choisis des médicaments qui d'après le médecin que je vis lorsque je me retrouvai à l'hôpital, n'eurent eu aucun effet véritablement néfaste sur mon organisme, eussé-je avalé 10 boîtes de ces comprimés. Des désinfectants intestinaux, que l'on prend en cas de gastro-entérite - entre autres - et qui ne firent comme leur nom l'indique que nettoyer mes intestins. Ensuite, je ne décidai pas de les mélanger avec de l'alcool, je me contentai d'un verre d'eau; bon vous me direz, on peut très bien se foutre en l'air avec seulement des médicaments avalés en quantité impressionnante. C'est là que vous allez rire, si vous aimez l'humour noir: Je n'avalai que...trois de ces comprimés inoffensifs! Paniquée par mon propre geste, je stoppai net et appelai moi-même les urgences. La suite... Plutôt positive, malgré le mal que j'ai, et je le regrette encore plus aujourd'hui, infligé à mes parents; je rencontrai - enfin - un psy génial, un érudit dont le bureau est une bibliothèque tapissée de livres, comme moi fan d'Amélie Nothomb. Et, sur une table dans un coin du bureau, je remarquai une collection de statuettes de bouddhas! Je fis un transfert sur lui, et contrairement à ce que les livres de psychologie à 2 balles peuvent raconter, il n'y a rien de tel que de faire un transfert sur son psy pour mener à bien sa thérapie. Il fut le seul à qui je réussis enfin à me confier vraiment, à avouer tout, tout, tout, ce que j'ai écrit sur mon autre blog et bien pire encore. Et ce fut un soulagement. Même si je dois bien avouer que je ne suis pas encore tout à fait sortie de mes problèmes. Déjà, à la première question personnelle qu'il me posa (après mon nom, le nombre de frères et soeurs etc.): - Avez-vous un complexe physique? Je répondis: - Oui, je me masturbe (c'était sorti tout seul). - Non, je veux dire, est-ce qu'il y a une partie de votre physique que vous n'aimez pas? Je vis que ça commençait vraiment bien pour une première entrevue. Je retournerai le voir comme ça histoire qu'il sache que je ne me suis pas suicidée.
|
|
commentaires (1) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
10/06/2008 - "Plaidoyer" pour les goths
J’en ai marre des préjugés et de l’intolérance par rapport aux goths, enfin les gothiques pour ceux qui sont pas trop dans le mouvement (bande de nases). On dit qu’on est asociaux, qu’on a envie de rien c’est complètement faux : Moi je fais régulièrement des soirées avec mes frères et sœurs de sang, ouais, on est comme une famille, et ben, on s‘éclate comme tout le monde : L’autre soir on a joué à action ou vérité, j’ai choisi vérité mais j’ai perdu parce que j’ai dit que j’avais fait cinq tentatives de suicide. En fait j’en ai fait que quatre, v’là la honte, même pas le minimum requis, et depuis ils me font tellement pas confiance que j’ai dû leur prouver, pour mes scarifications, que c’était pas du maquillage. Les gothiques c’est des esprits surdoués incompris par la société (de merde), on n’est pas comme ces gosses de riches superficiels, c’est pas tout sur l’apparence, on a lu des livres, de la vraie littérature, pas les magazines de pouf hystérique genre Jeune & Polie. Mon dernier bouquin? Dracula. Ah non c’était le film, celui de Coppola avec Keanu Reeves (putain il est trop mignon c’t’acteur je le kiffe trop), ouais ça sert à quoi de se faire chier à lire le bouquin quand on peut voir le film, attends on est modernes, y en a qui croient qu’on s’éclaire encore à la bougie (non ça c’est seulement pour nos messes noires, ça l’ferait pas si on se ramenait avec des lampes torches pour invoquer Satan, on aurait l’air con). Merde j’ai oublié de mettre du verni noir, oh ça craint trop, j’suis trop pas crédible.Déjà que j’ai pas pu m’acheter mes bottes New Rock à 300 euros, mes vieux ont pas voulu cracher le fric, j’ai l’air de quoi ? Putain on nous prend la tête, partout, même au bahut quand j’ai rendu ma dissert’ de philo la prof elle a halluciné parce que j’ai écrit un truc du genre « La vie ne vaut pas la peine d’être vécue » putain j’étais trop contente de ma citation c’est moi que j’lavais trouvée toute seule et la prof, elle m’a prise à part à la fin du cours et elle m’a obligé à prendre RDV avec l’infirmière pour parler de mes problèmes, quels problèmes je lui ai dit elle m’a répondu si t’y vas pas je convoque tes parents, alors ça non, bonjour la prise de tête, donc j’ai été voir l’infirmière (bouffonne), habillée tout en blanc - moi j’étais tout en noir - elle m’a demandé si je consommais des substances illicites, je lui dis non ça va pas la tête, elle me dit parce que vous avez un teint extrêmement pâle, je réponds ben oui c’est à cause de la poudre blanche et elle elle me sort : « Ah j’avais raison, vous prenez de la cocaïne ! » Trop conne la meuf.
|
|
commentaires (4) :: Poster un Commentaire :: Lien Permanent
|
|
Qui suis-je?
Gothisme post-pubère
Amis
· nox · plumemystique · saturne34 · Erosion · BizigDu
|